Si tu penses bien – de Géraldine Nakache

Dimanche 18 Octobre à 17h

1h34min | Drame de Géraldine Nakache

Avec Monia Chokri, Niels Schneider, Clémentine Célarié

Synopsis
Tout public
Lorsque Gil rencontre Jacques, leur amour est évident. Mais l’intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée, jusqu’à en perdre ses repères. Jacques la rassure : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Peu à peu, Gil comprend le contrôle qu’il exerce sur sa vie…

Anecdotes

Cannes 2026
Ce film a été présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2026.

Note d'intention
Après les comédies Tout ce qui brille, Nous York et J’irai où tu iras, Géraldine Nakache se frotte à un nouveau registre avec Si tu penses bien, en s'intéressant aux violences conjugales : "j’ai souhaité mettre en lumière la violence sourde, cachée et tue au sein d’un couple, qui se manifeste dans la sphère intime, au quotidien. Cette violence qui opère de manière insidieuse dans l’ombre des espaces domestiques, constitue un angle mort, un fait de société bien réel, mais peu représenté."

Allers-retours
Le récit se construit à travers des va-et-vient temporels couvrant six années. Un choix qui permet à Géraldine Nakache de montrer comment une femme peut progressivement s’enfermer dans une situation devenue invivable : "Il m’importait de montrer, alors que les faits sont sous nos yeux depuis le premier jour, qu’on peut ne pas les voir. Ce système est fait de répétitions et se referme sur la victime petit à petit."

L'importance du regard
Le personnage de Gil est assistante caméra, un métier qui consiste notamment à travailler la lumière, le cadre et la mise au point. Un choix particulièrement symbolique pour Géraldine Nakache : "Je voulais surtout qu’elle exerce un métier collectif, qui la tienne hors de chez elle sur une durée restreinte. Les techniciens au cinéma passent leur temps à regarder les autres. Si tu penses bien est un film sur le regard, sur celui qu’on doit arriver à porter sur soi pour prendre les bonnes décisions ; être assistante caméra traduisait concrètement cette idée."

Une cloche de verre
Pour le décor familial, la réalisatrice ne voulait surtout pas d’une maison inquiétante. Avec la cheffe décoratrice Catherine Cosme, elle a imaginé au contraire un intérieur beau et chaleureux : "Cette maison cossue semble ouverte sur le monde, alors que Gil y est profondément enfermée. Et malgré des vitres omniprésentes, elle est incapable d’y voir son propre reflet."

Retrouvailles entre Monia Chokri et Niels Schneider
Géraldine Nakache réunit Monia Chokri et Niels Schneider, déjà partenaires dans Les Amours imaginaires de Xavier Dolan, sorti en 2010. Elle a choisi la première après l'avoir vue dans Simple comme Sylvain, convaincue qu’elle possédait la fragilité et la force nécessaires pour incarner Gil. Pour le second, c'est son producteur Patrick Quinet qui lui a suggéré Niels Schneider. La réalisatrice confie : "Étrangement, je n’ai pas pensé tout de suite au film de Xavier Dolan. Au moment où Niels a passé la porte du café où nous avions rendez-vous, j’ai revu leur couple des Amours imaginaires se reformer, comme si enfin Marie avait réussi à séduire Nicolas !"

Un silence lourd de sens
La musique occupe habituellement une place importante dans le cinéma de Géraldine Nakache. Ici, elle a fait pourtant le choix du silence : Gil et Jacques n’écoutent pas de musique chez eux et la réalisatrice ne voulait pas ajouter une bande-son qui viendrait artificiellement remplir cet espace. Les rares chansons entendues sont au nombre de trois et sont intradiégétiques : I Stand by You des Pretenders, une chanson de Chantal Goya et une autre d'Aya Nakamura, "deux reines qui ont choisi de mener une vie en toute liberté et indépendance, et qui ont beaucoup compté pour moi".

Quelques critiques presse

20 Minutes par Caroline Vié - Géraldine Nakache montre un talent très vif pour le drame familial avec ce film passionnant sur la façon dont on peut se laisser enfermer puis se libérer. Il est à la fois glaçant et solaire et mérite de remporter un succès éclatant.

Bande à part par Mary Noelle Dana - Avec ce quatrième film en tant que réalisatrice, Géraldine Nakache parvient à mettre l’indicible en mots et en images. Elle filme avec une précision vertigineuse ce qui, sous couvert d’amour, devient une prise d’otage d’un être, d’une famille, d’un système tout entier où l’empathie est retournée contre soi et transformée en arme de destruction massive.

Le Parisien par Renaud Baronian - Géraldine Nakache réussit son passage à la veine dramatique avec brio et finesse.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Un film intense sur l'emprise, porté par deux interprètes épatants.

Closer par J.B. - Niels Schneider joue à merveille le pervers narcissique.

Elle par Marion Ruggieri - Un film intense.

Femme Actuelle par La Rédaction - Si l'étouffant climat du film peut avertir, immuniser contre ce genre d'oppression, alors il aura sans doute atteint un de ses buts.

Franceinfo Culture par Laurence Houot - Avec ce thriller psychologique et pamphlet contre une interprétation dévoyée de la religion à des fins d'instrumentalisation, Géraldine Nakache réussit son incursion dans un genre dramatique.

La Tribune Dimanche par Charlotte Langrand - Grâce à des flash-back savamment dosés et une mise en scène nerveuse, Géraldine Nakache décortique intelligemment les mécanismes de l'emprise au sein du couple en nous plongeant comme en apnée dans le piège qui se referme...

Le Figaro par F. V. - Loin du registre comique auquel elle nous avait habitués, la réalisatrice fait une entrée fracassante dans le genre dramatique.

Le Journal du Dimanche par Baptiste Thion - Un récit tendu où brillent ses deux principaux interprètes.

Les Echos par La Rédaction - La foi peut-elle cacher une dangereuse pulsion de contrôle ? A travers un couple incarné par Monia Chokri et Niels Schneider, Géraldine Nakache décortique admirablement les rouages d'une relation toxique.

Les Fiches du Cinéma par Louise Masson - Par une caméra toujours proche de Gil, sa protagoniste, le film de Géraldine Nakache met le doigt avec justesse sur la masculinité toxique de Jacques, en apparence bien sous tous rapports, mais qui allie rigueur religieuse et contrôle de sa compagne.

Marie Claire par Juliette Hochberg - La réussite du film tient à son approche presque clinique de la violence psychologique. La réalisatrice privilégie la violence invisible aux démonstrations spectaculaires.

Ouest France par Pascale Vergereau - Un thriller psychologique intense.

Paris Match par Léa Bitton - Difficile de ne pas penser à « Mon roi » de Maïwenn ou à « L’Amour et les forêts » de Valérie Donzelli. Géraldine Nakache suit le même schéma insidieux de l’emprise, mais ajoute dans « Si tu penses bien » une singularité qui fait sa force : celle du judaïsme, convoqué à la fois comme un instrument d’emprise supplémentaire de Jacques sur Gil, et comme un possible levier de délivrance.

Première par Chloé Delos-Eray - Un récit mêlant intelligemment réflexions sociétales et religieuses.

Télé 2 semaines par F.-X.T. - La réalisatrice Géraldine Nakache impressionne avec cette étude de caractères très forte, servie par deux comédiens absolument parfaits.

Télé 7 Jours par Julien Barcilon - Géraldine Nakache investit avec autant de brio que de tension dramatique le thriller conjugal.

Version Femina par Hadrien Machart - Un drame sous haute tension dont on sort à la fois remué et subjugué.

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - Une œuvre portée magnifiquement par le couple formé par Monia Chokri et Niels Schneider.

L'Obs par Sophie Grassin - Géraldine Nakache réussit son film sur l’aveuglement religieux et l’emprise psychologique.

La Croix par Céline Rouden - L’intérêt du film vient davantage du rôle joué par la religion, instrumentalisée par Jacques pour exercer sur Gil une forme de coercition, et que celle-ci saura utiliser à son tour pour trouver un chemin d’émancipation sans pour autant renier sa foi.

Le Monde par J. Ma. - La jalousie, la possession, la paranoïa sécuritaire, le lent et complet étouffement de l’autre définissent l’ethos conjugal de Jacques, martelé sur la douceur aveuglée et impuissante de Gil. Durant une heure et demie, l’administration d’un tel traitement produit une expérience de spectateur assez peu enviable.

Le Point par Jean-Luc Wachthausen - Le constat est sombre et le film tourne au huis clos solidement interprété par Niels Schneider, machiavélique à souhait, et par Monia Chokri, enfermée dans un piège redoutable.

Les Inrockuptibles par Jean-Marc Lalanne - Dans “Si tu penses bien” de Géraldine Nakache, Niels Schneider incarne un époux sadique qui martyrise son épouse, campée par Monia Chokri, dans une étude finement menée de la domination psychique.

Libération par Luc Chessel - Pour sa première réalisation en solo, l’actrice retranscrit le sentiment d’enfermement croissant d’une épouse sous emprise dans un film lucide et personnel.

Télérama par Marie Sauvion - Une variation réussie sur le thème des violences psychologiques.

L'avis du projectionniste

Un film dur sur le fond mais sensible et intelligent sur la forme, et surtout profondément émouvant.