Samedi 28 Mars à 20h30 et Dimanche 29 Mars à 14h30
1h20min | Policier De Pascal Bonitzer
Avec Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot
Synopsis
Tout public
Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…
Signification du titre
Maigret et le mort amoureux est une adaptation du livre Maigret et les vieillards, écrit par Simenon en 1960. Le titre que Pascal Bonitzer a choisi contient un paradoxe mêlant la mort à la vie. Il confie : "Simenon a écrit ce texte en sortant d’une crise personnelle, au milieu de sa vie. Il a mentionné cette crise dans des carnets. Il semble que l’écriture du livre l’a aidé à exorciser cette question de l’âge, question qui se pose à moi aussi par la force des choses. Les personnages de cette histoire sont âgés, et cependant pleins d’énergie. Le thème est aussi celui d’une vitalité paradoxale."
Années 2000, Paris 7ème
Pascal Bonitzer a choisi de situer l’action du film au début des années 2000, dans un milieu très conservateur en plein cœur du 7e arrondissement parisien. Le cinéaste précise : "Des aristocrates catholiques qui ignorent ou méprisent l’époque dans laquelle ils vivent. Simenon est un homme du XXe siècle ; son héros l’est aussi, avec les préjugés de son temps. Cela m’intéressait de le confronter au XXIe siècle."
"Maigret est un policier qui n’aime pas les figures d’autorité à l’ancienne, mais qui est aussi assez réfractaire à la modernité. Avec sa pipe, son alcoolisme discret, son épouse au foyer, il est un survivant face à la robotisation accélérée de notre monde."
Dédicace
Maigret et le mort amoureux est dédié au scénariste et écrivain Jérôme Beaujour, comme l'explique Pascal Bonitzer : "Nous avions adapté Agatha Christie ensemble avec Le Grand Alibi. C’était mon ami. J’étais et je reste très attristé par sa disparition. De même que j’avais dédié Le Tableau volé à Sophie Fillières, cela m’a paru naturel de lui rendre hommage ici. C’était quelqu’un d’absolument délicieux."
Mystère du tableau
Le film intègre un tableau mystérieux qui, en réalité, est chargé d'une histoire personnelle pour le réalisateur Pascal Bonitzer. Ce tableau a été peint par sa mère et représente sa petite amie de ses 20 ans. Il l'a intégré à l'intrigue en expliquant : "Cela m’amusait de lui faire jouer un rôle." Un choix qui ajoute une dimension intime et personnelle à cet aspect surnaturel du film.
L'art du contraste dans les décors
Dans la création des décors, un soin particulier a été apporté aux contrastes entre différents espaces de Maigret et le mort amoureux. Les intérieurs bourgeois "respirent l'ancien, le feutré" avec des "tentures bleues" pour l'hôtel particulier de la princesse, tandis que la police judiciaire est plongée dans un "décor vert pâle". Ce jeu de couleurs et de styles reflète l'intrusion de Maigret dans un monde qui lui est étranger, marquant une opposition nette entre le familier et l'inconnu.
Le montage soudain
Le montage de Maigret et le mort amoureux a été pensé avec une approche distinctive grâce à Monica Coleman. Le chef monteuse a ainsi "privilégié les coupes franches, les changements soudains", créant un récit nerveux et dynamique. Cette méthode influence notamment la manière dont les personnages, tels que Poteneaux, réagissent face à Maigret, en amplifiant leur état d'insécurité. Cette technique innovante avait aussi pour objectif éviter l'ennui par la tension continue instaurée au cours du film.
Retrouvailles
Pour la musique, Pascal Bonitzer a renoué avec le compositeur Alexei Aigui, avec qui il travaille depuis seize ans : "C’est un compositeur remarquable, avec lequel je travaille depuis Je pense à vous. J’aime le laisser faire. Je trouve qu’il y a une élégance discrète dans ses compositions, une qualité particulière de présence qui accompagne finement l’histoire qu’on raconte."
Denis Podalydès est Maigret
Denis Podalydès a déjà tourné pour Pascal Bonitzer. Les deux hommes avaient ainsi collaboré sur Rien sur Robert (1999). L'acteur confie au sujet de l'univers de Simenon : "Je connais mal son œuvre et j’en ai honte. En revanche, j’ai lu plusieurs Maigret avec un grand bonheur. Je me rends compte que ce que je dis du cinéma de Pascal pourrait se dire de Simenon, qui semble s’éloigner du réel et sans cesse y revenir, par mouvements concentriques et excentriques."
"Un meurtre a lieu dans un monde bien réel, un milieu social savamment exploré (il y a du sociologue chez Simenon), mais peu à peu, à la faveur de longues scènes d’interrogatoire - un bonheur pour les interprètes - la fable fait surgir un monde interlope, entre le rêve et l’abstraction, chargé d’affects étranges, de passions immenses et silencieuses, de violence rétrospective. On atteint une sorte de poésie, de grand lamento de la faiblesse humaine."
Franceinfo Culture par Laurence Houot - Très classique dans sa mise en scène, le film a le mérite de donner la part belle à tous les merveilleux comédiens et comédiennes, qui par la juste et libre interprétation de leur partition, petite ou grande, apportent à cette énième adaptation des enquêtes du commissaire Maigret une saveur renouvelée.
L'Obs par Xavier Leherpeur - Avec ce film de dialogues brillants et d’acteurs éblouissants dirigés avec un sens incisif et fielleux du diapason (étincelant face à face Alvaro-Podalydès), Bonitzer confronte avec délice ce personnage intemporel au Paris d’aujourd’hui.
La Croix par Céline Rouden - Pascal Bonitzer réussit une version modernisée du commissaire Maigret dans laquelle ses personnages, interprétés par des comédiens formidables, dont Denis Podalydès, luttent contre la fin de leur monde.
La Tribune Dimanche par Aurélien Cabrol - Un pur régal de cinéma.
Le Figaro par É. N. - Bonitzer filme son intrigue comme certains choisissent de dessiner en ligne claire. Le réalisateur a modifié le dénouement du livre. Il a eu raison.
Le Parisien par Yves Jaeglé - L’intrigue est peu intense : un vieil homme riche est mort, avec cinq balles dans la peau. Sa gouvernante (Anne Alvaro) ne dit pas tout et ne veut parler qu’à un confesseur catholique. Un rythme un peu diesel, mais Maigret tient la route.
Le Point par David Doucet - Fidèle et respectueux de l’œuvre de Simenon, le film de Bonitzer y apporte une touche mélancolique, cherchant moins à raconter un crime qu’à dépeindre un chapelet de vies abîmées. Et c’est très réussi.
Les Fiches du Cinéma par Nathalie Zimra - Bonitzer livre une savoureuse version de Maigret que campe Denis Podalydès. Quoique paré de ses traditionnels attributs - chapeau, manteau, pipe, patience et déduction - Bonitzer l’inscrit dans une très intéressante temporalité : le début du XXIe siècle.
Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain - Maigret et le mort amoureux est un film de fantômes plein de charme.
Positif par Vincent Thabourey - La grande place accordée aux seconds rôles rappelle la saveur des distributions du cinéma français d'après-guerre.
Télé 2 semaines par C.M. - Une enquête plaisante à suivre et superbement incarnée.
Télérama par Jacques Morice - Dialogues incisifs, goût du secret, concision : une adaptation réjouissante servie par des pointures du théâtre.
Version Femina par Hadrien Machart - Comme toujours chez l’auteur, l’intrigue est bien ficelée, comme toujours chez le cinéaste, la mise en scène est parfaitement orchestrée.
aVoir-aLire.com par Gérard Crespo - Une adaptation honnête et soignée de Simenon, aux accents chabroliens, et interprétée à la perfection.
Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Une adaptation bavarde du polar de Simenon, Maigret et les vieillards (1960). Denis Podalydès dans le rôle du commissaire à la pipe emblématique est enfermé par une mise en scène conventionnelle.
Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Un film de verbe, comme souvent chez Pascal Bonitzer, qui soigne toujours ses écritures de caractères diserts. Ce primat de la langue est adossé à des scènes de situation figées par une mise en scène classique,
Le Journal du Dimanche par Bap. T. - Après Le Grand Alibi, adapté d’un roman d’Agatha Christie, Pascal Bonitzer transpose Maigret et les Vieillards, de Georges Simenon, en confiant le rôle à Denis Podalydès, bien moins charpenté que ses prédécesseurs, Harry Baur, Michel Simon, Jean Gabin, Gérard Depardieu ou Bruno Cremer, mais tout aussi crédible.
Ouest France par Thierry Chèze - Denis Podalydès incarne Maigret avec une facétie savoureuse.
Première par Thomas Baurez - Vertu du polar que de faire de l’inspecteur la courroie de transmission entre des univers à priori irréconciliables. La machine à histoires impose dès lors sa sordide cadence, le tout lové dans une lumière chaude fantastique. Ça joue au cordeau (Anne Alvaro démente) laissant le voile des certitudes flotter dans un air de plus en plus raréfié.
