La corde au cou – de Gus Van Sant

Vendredi 15 Mai à 20h30 (VF) et Dimanche 17 Mai à 17h (VO/st)

1h45min | Thriller De Gus Van Sant

Avec Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Colman Domingo

Synopsis
Tout public
Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?

Anecdotes

Naissance du projet
Gus Van Sant avait une vingtaine d’années lorsque la vraie histoire racontée dans La Corde au cou s’est déroulée, en 1977. Le futur cinéaste habitait à Los Angeles à ce moment-là, comme il s'en rappelle : "Les choses étaient très différentes. Les médias, à part le cinéma, se résumaient à la télévision. Il y a eu une longue période pendant laquelle je n’avais tout simplement pas de téléviseur, et cette histoire s’est déroulée à ce moment-là. S’il y a eu des choses diffusées en direct, je les ai ratées. Quand je l’ai découverte, l’histoire de Tony Kiritsis m’a touchée. Dès qu’il s’agit d’un homme qui ose se dresser contre le système, je me sens concerné, émotionnellement."

Retour au cinéma
Gus Van Sant a réalisé la série Feud et plusieurs courts-métrages, mais n'avait pas tourné de films depuis 2018 et la sortie de Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot : "J’ai compris, en tournant ce film-là, combien réaliser un film m’avait manqué. La télé, la série, c’est autre chose, c’est un autre jeu, avec d’autres règles, d’autres publics. C’est un autre « business », tout simplement", raconte le cinéaste.

Al Pacino au casting
La Corde au cou évoque évidemment Un après-midi de chien avec Al Pacino, en tant que thriller de prise d’otage situé dans les années 1970. L'acteur légendaire joue aussi dans le film de Gus Van Sant, dans le rôle du père de l’homme pris en otage : "Cassian Elwes, notre producteur, connaissait Al Pacino et savait qu’il aime bien faire de petits rôles dans des films. C’était une étape importante pour le casting mais je n’ai jamais parlé de « Un après-midi de chien » avec lui. Nous avons travaillé ensemble juste une journée. On a juste travaillé. Pas bavardé."

Un petit changement
Bill Skarsgård, choisi pour incarner le protagoniste principal, a vu son personnage rajeuni d'une dizaine d'années par rapport à la réalité. Gus Van Sant a décidé de s'éloigner de "l'homme en colère de 45 ans" en préférant explorer la rage de la trentaine : "Je l’avais rencontré quand il était petit, car son père, Stellan Skarsgård, jouait dans Will Hunting. Sa famille était venue sur le plateau."
"Il y avait tellement de frères et sœurs que, plus tard, quand il a joué le rôle de Pennywise dans Ça, je n’étais même pas sûr de savoir lequel il était ! Je l’avais vu dans « Barbarian », où il joue un personnage qui n’est pas horrifique. Puis j’ai vu The Crow. Ensuite, j’ai cherché d’autres films dans lesquels il avait joué, comme Boy Kills World", développe le metteur en scène.

Lieux de tournage
Le tournage de La Corde au cou s'est déroulé en seulement 19 jours à Louisville, Kentucky. Gus Van Sant, qui est né dans cette ville, a choisi ce lieu pour représenter Indianapolis. "Je connais aussi ce sentiment de dislocation qu’on peut éprouver quand on vit au milieu des États-Unis", explique-t-il. Le choix des lieux s'est avéré être un véritable retour aux sources, permettant au réalisateur de se reconnecter avec les personnages qu'il connaît parfaitement, ceux qui ressemblent aux gens avec lesquels il a grandi.

Quelques critiques presse

Elle par Françoise Delbecq - Une formidable comédie noire et politique.

Libération par Olivier Lamm - Mêlant empathie et sentiment politique, le cinéaste dresse le portrait jubilatoire d’un preneur d’otage en rupture de ban sans jamais ignorer la violence de ses actes.

20 Minutes par Caroline Vié - Une œuvre palpitante.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Un incroyable fait divers comme base d’une stupéfiante comédie policière [...] Ce fut l’une des très belles surprises du dernier Festival de Venise, marquant le grand retour d’un cinéaste engagé et populaire à la fois : Gus Van Sant.

Bande à part par Michel Cieutat - Le retour en force de l'un des meilleurs cinéastes de sa génération.

Cahiers du Cinéma par Raphaël Nieuwjaer - Van Sant s’attache effectivement à dépeindre avec nuances cette relation contrainte, fluctuant au gré des humeurs de Tony qui, lorsqu’il n’est pas agité par la colère, peut autant faire preuve d’une cordialité envahissante que d’une sincérité déconcertante. La Corde au cou ne se cantonne néanmoins pas à l’espace privé et au drame psychologique. Le cinéaste s’intéresse tout autant à l’articulation de l’actesolitaire et du fait social.

Culturopoing.com par Ewen Linet - Grâce à une belle richesse formelle, "Dead Man’s Wire" (son titre original) est bien le film le plus habité du cinéaste depuis le militant et culte "Harvey Milk" [2009].

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Gus Van Sant est de retour avec un film intense, électrique et puissant, arraché au réel des faits divers par le scénario à suspense d’Austin.

Femme Actuelle par La Rédaction - Ce thriller saupoudré de comédie a beaucoup de qualités : interprétation, image, choix musicaux.

Franceinfo Culture par Laurence Houot - En mettant en scène le spectacle médiatique de ce fait divers, Gus Van Sant donne à voir, sans faire l'apologie du preneur d'otage, l'envers de la médaille du rêve américain, et l'illusion tragique de toute forme de résistance à un système qui protège les puissants.

GQ par Corey Atad - Cette tension, entre le désir d'un nouveau héros populaire et les réalités sombres et imprévisibles de ce que cela implique, transforme ce qui est par ailleurs un bon film policier, bien mis en scène, en quelque chose qui communique parfaitement avec son époque.

Konbini par Konbini - Retour en grâce pour Gus Van Sant avec cette satire grinçante et jouissive inspirée d'une histoire vraie. Ce thriller noir intense, profond, et très intime s'appuie sur les performances solides de Bill Skarsgård et Dacre Montgomery.

L'Humanité par Michaël Mélinard - Un thriller élégant et tendu.

L'Obs par Guillaume Loison - Entre saillies drolatiques et ce sens de la tragédie que Gus Van Sant maîtrise toujours à la perfection, le cinéaste retrouvé d’« Elephant » cisèle une capsule spatio-temporelle qui dessine en creux notre époque peuplée de bourreaux obscènes et de Narcisses pathologiques.

La Croix par Céline Rouden - Un portrait puissant d’une Amérique qui se sent oubliée et méprisée.

La Tribune Dimanche par Marc-Aurèle Garreau - Un thriller haletant ultra-maîtrisé.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Gus Van Sant arpente son territoire dramatique de prédilection : les solitudes dans une Amérique fracturée.

Le Figaro par Olivier Delcroix - Cette patine rétro contribue discrètement à mettre en avant les signes avant-coureurs de la dilution du rêve américain dans une sorte de capitalisme à tous crins. En cela, Gus Van Sant revitalise son cinéma et ne craint pas d’affirmer que ce film d’époque en dit plus sur aujourd’hui que l’on voudra bien le penser.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Un récit captivant et séditieux, étayé par des images d'archives, avec un Bill Skarsgard stupéfiant en lutte contre le système.

Le Monde par Boris Bastide - Un citoyen ruiné par un emprunt kidnappe le fils du courtier qu’il juge responsable de sa situation. Gus Van Sant tire de ce fait divers un thriller vigoureux et une grande fresque sociale sur l’Amérique.

Le Parisien par Renaud Baronian - Édifiante, l’histoire de Tony bénéficie de l’interprétation de haut niveau de Dacre Montgomery dans le rôle du malheureux Richard, de Colman Domingo en épatant en DJ charismatique, et surtout de Bill Skarsgard, fabuleux antihéros très attachant.

Le Point par Jean-Luc Wachthausen - Bill Skarsgård campe ici un anti-héros désarmant, à la fois drôle et pathétique, face à son otage incarné subtilement par Dacre Montgomery (vu dans Stranger Things), mollement défendu par son père — fabuleux Al Pacino, le même qui jouait en 1975 dans Un après-midi de chien de Sidney Lumet. Pas de pathos ni de morale ici, juste un parti pris réaliste et distancié.

Les Echos par Adrien Gombeaud - Après sept ans d'absence, Gus Van Sant revient avec la solide reconstitution d'un fait divers des années 1970. Récit d'une prise d'otage « La Corde au cou » propose une réflexion sur la justice sociale sous les habits du thriller.

Les Inrockuptibles par Bruno Deruisseau - C’est par la petite porte du hors compétition de la dernière Mostra que Gus Van Sant nous a donc redonné des nouvelles avec cette "Corde au cou", qu’on aurait bien vu passer plutôt en compétition. Car il s’agit de son meilleur film depuis le vaporeux "Restless" (2011).

Marie Claire par Emily Barnett - Une comédie noire pleine de charme.

Nice-Matin par Cédric Coppola - Autour de cette prise d’otage, le ballet des médias avec la chasse au scoop est passé au crible par le cinéaste de Will Hunting, lequel livre un long-métrage maîtrisé, tendu, pertinent… avec en cerise sur le gâteau la présence en guest star (mais dans un rôle important) d’Al Pacino, ce qui n’est pas sans rappeler un certain Un après-midi de chien.

Positif par Ariane Allard - Rien de tel qu’une comédie noire, élégamment vintage et mâtinée de polar, pour booster le retour d’un cinéaste !

Première par Thomas Baurez - A l’aide d’une esthétique volontairement ton sur ton (dominante de couleurs fades pour mieux plaquer ses protagonistes dans un décor en sommeil), cette Corde au cou dialogue avec le récent The Mastermind de Kelly Reichardt. Tous deux partagent ce regard distant vis-à-vis d’une époque dépouillée de son vernis romantique habituel.

Public par Sarah Lévy-Laithier - Bill Skarsgård est tout simplement magnétique.

Rolling Stone par S.R. - Le duo d'acteurs réussit à nous tenir en haleine.

Sud Ouest par Julien Rousset - Le récit relève autant du thriller que de la parabole, tant il ouvre de pistes qui vont au-delà de l'affaire, sur le ressentiment, les rapports de classe. Gus Van Sant décrit aussi deux jeunes hommes qui ont en commun de ne pas vouloir ressembler à leurs pères.

Télé 2 semaines par S.O. - À partir d’une histoire vraie, le réalisateur d’"Elephant" dénonce la violence économique sur les plus faibles et le rôle douteux des médias.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Une belle patine seventies.

Télé Loisirs par S.O. - Les portes enfoncées étaient certes déjà ouvertes mais la démonstration reste très efficace.

Télérama par Jacques Morice - Gus Van Sant réussit un film réjouissant, qui résonne avec l’ultralibéralisme violent ambiant.

Ouest France par Pauline Boyer - Simple, palpitant.

L'avis du projectionniste

Le réalisateur signe ici une charge virulente contre l’un des nouveaux piliers de l’Amérique, le capitalisme et le profit de quelques uns au détriment de tous les autres. Les médias ne sont pas en reste.