Sorda – de Eva Libertad garcia

Dimanche 07 Juin à 18h (VO/st) et Lundi 08 Juin à 15h (VO/st)

1h40min | Drame De Eva Libertad García
Avec Miriam Garlo, Álvaro Cervantes, Elena Irureta
Synopsis
Tout public
Angela est sourde, Hector est entendant. Ils forment un couple épanoui et heureux malgré leur différence. Mais la naissance de leur premier enfant inquiète Angela : saura-t-elle créer un lien avec sa fille ? Comment apprendre à devenir mère dans un monde qui oublie si souvent d’inclure ceux qui n’entendent pas ?
Anecdotes

Les racines familiales
Avec Sorda, Eva Libertad García fait tourner Miriam Garlo, sa sœur, qui interprète Ángela. La cinéaste l'avait déjà dirigée au sein d'une troupe de théâtre de la Faculté des Beaux-Arts de l'Université Complutense de Madrid : "Elle avait également tenu un petit rôle dans Nikolina, un téléfilm que j'ai réalisé en 2020. De retour à Murcie, Miriam m'a confié ses inquiétudes quant à son désir d'être mère dans un monde conçu par et pour les personnes entendantes."
"C'est alors que j'ai réalisé que je n'avais jamais réfléchi à cette question. Au-delà des craintes et des pressions sociales auxquelles toutes les femmes sont confrontées lorsqu'elles envisagent la maternité, je n'avais pas imaginé ce que cela signifiait pour une femme sourde. J'ai demandé à Miriam de coucher par écrit toutes ces craintes."
"Deux jours plus tard, elle m'a envoyé une liste de peurs qui m'ont profondément marquée : tous les problèmes liés au fait que l'enfant naisse sourd ou entendant. Tous les problèmes liés au fait que son conjoint soit sourd ou entendant. Cette liste est devenue le cœur dramatique du scénario. De cette impulsion initiale est né le court-métrage Sorda, en 2021."

Un projet en petit comité
Le court-métrage a été réalisé avec une équipe réduite, à peine douze personnes (acteurs et actrices compris), ce qui a offert un cadre propice à l'authenticité et à la simplicité créatrice : "Nous avons été surpris par le succès rencontré dans de nombreux festivals ! Le public entendant nous a confié que c’était la première fois qu’il comprenait vraiment le vécu d’une personne sourde et qu’il souhaitait approfondir le sujet."
"Nous partagions ce sentiment. J’ai l’impression que ce court-métrage est comme un haïku. Je sentais que j’avais encore beaucoup à explorer. D’ailleurs, le film se termine au moment où l’héroïne commence à réfléchir à tout ce que cela implique d’être une mère sourde avec un conjoint entendant dans une société validiste."
"C’est à ce moment-là que j’ai voulu voir ce qui se passerait si un enfant venait agrandir la famille de ce couple. J’avais aussi très envie de continuer à travailler avec Miriam, explorer son calme et son charisme exceptionnels. J'aime filmer sa sérénité et la subtilité de toutes ses nuances d'actrice : elle exprime tant avec si peu !", raconte Eva Libertad García.
Une naissance inspirée par les préoccupations
La genèse de Sorda a été directement influencée par les préoccupations personnelles de Miriam Garlo quant à la maternité et la surdité. Partageant ses craintes avec sa sœur Eva Libertad, celles-ci ont servi de base pour construire le scénario du film. "J’ai demandé à Miriam de coucher par écrit toutes ses craintes", partage la réalisatrice, soulignant comment ces réflexions se sont muées en un projet cinématographique.

Caméra et langage des signes
Pour rendre le film accessible à la communauté sourde, une réflexion approfondie a été menée dès le début du tournage sur la manière de capturer la langue des signes à l'écran. Le défi était de filmer les dialogues de façon à ce qu'ils restent visibles tout en respectant la fluidité du langage. Les choix esthétiques privilégiaient des plans qui permettaient de saisir les émotions autrement que par les gros plans habituels. Les mouvements de caméra ont été conçus pour capturer l'intimité des échanges "de la manière la plus organique et naturelle possible", tout en intégrant les exigences du langage visuel.

Préparation et répétitions
Avant de commencer à filmer les scènes principales, l'équipe a répété les scènes pendant deux jours avec des plans séquence. Cette préparation minutieuse a permis de comprendre comment les mouvements des personnages, souvent définis par leurs échanges en langue des signes, pourraient être intégrés dans le film. Ces répétitions ont été essentielles pour ajuster les positions des caméras et pour anticiper comment la dynamique de chaque scène pourrait évoluer. Ce travail préparatoire a joué un rôle crucial dans la réalisation des plans complexes de Sorda.

Quelques critiques presse

CinemaTeaser par Rose Piccini - Un film qui réussit l’exploit d’être à la fois pédagogique et émouvant, grâce à une maîtrise totale du point de vue. Bluffant.

So Film par Adrien Roche - Sur le plan formel, Eva Libertad impressionne par la fluidité et la maitrise de sa narration.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Portée par la frustration, mais aussi la peur de ne plus connecter avec son enfant, Miriam Garlo incarne à la perfection Angela, alors que Álvaro Cervantes [...] émeut aussi particulièrement, dans sa volonté de bien faire.

Closer par J. Boivin - Ce premier long-métrage, multirécompensé, est un trésor d’émotion et de sensorialité.

Culturopoing.com par Alyssande Dauriac - Interrogeant la possibilité de composer avec le handicap quand on doit devenir parent et faire face à d’innombrables enjeux, "Sorda" est un long-métrage immersif et sensoriel qui nous invite à découvrir l’univers et les doutes du personnage dans cette nouvelle existence, sans fétichisme et avec un sincère souci du réel.

Ecran Large par Antoine Desrues - La surdité n’a peut-être jamais été approchée avec autant d’intelligence et de sensibilité au cinéma. Une excellente surprise.

L'Humanité par Michaël Mélinard - Une expérience sensorielle et cinématographique rare.

La Croix par Céline Rouden - Avec Sorda, la réalisatrice espagnole Eva Libertad nous immerge dans le monde sensoriel d’une femme sourde pour nous faire partager ses angoisses liées à la maternité et à sa capacité à tisser un lien avec son bébé.

La Septième Obsession par Xavier Leherpeur - Sans jamais chercher à protéger son héroïne ni à la ménager, en s’aventurant à ses côtés dans ce chemin semé d’incessantes questions demeurant pour la plupart sans réponse, en restant dans le registre d’une fiction concrète, [Eva Libertad Garcia] réussit à émouvoir sans verser dans l’apitoiement.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Un (mélo)drame conjugal poignant.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Sorda est du même fer que Sound of Metal (2021) de Darius Marder, sur un musicien punk devenu sourd : un beau film compassionnel, jamais affligé.

Le Figaro par F. V. - À travers une mise en scène qui évite les gros plans pour privilégier les mouvements des mains dans la langue des signes, un travail sur les univers sonores des protagonistes et sur la lumière - l’obscurité étant une zone d’absence totale de communication pour les sourds -, elle nous fait littéralement « entendre » la surdité. Une première au cinéma pour ce handicap.

Le Journal du Dimanche par Baptiste Thion - Dans une mise en scène épurée qui vaut aussi pour son remarquable travail sur le son, cette chronique subtile et émouvante donne à ressentir ce qu'est de vivre dans le silence, de s'estimer isolé même quand on est entouré.

Le Point par Florence Colombani - Un film profond et sensible, à ne pas manquer.

Les Inrockuptibles par Jean-Baptiste Morain - Comment endosser son rôle de mère à part entière si l’enfant s’avère entendante ? "Sorda" est très fort parce qu’il n’est jamais misérabiliste, qu’il ne fait jamais appel à ce sentiment rance qu’est la pitié. Grâce d’abord à Miriam Garlo.

Libération par Camille Nevers - "Sorda" tire sa force (le film, banal au début, devient sublime dans sa dernière partie), du temps qu’il faut au spectateur valide de « saisir » ce qui se joue, de se mettre à la place d’Angela, jusqu’à l’audace formelle et logique finale.

Marie Claire par Emily Barnett - Une œuvre à résonances multiples.

Ouest France par Thierry Chèze - Un bijou de finesse et de délicatesse.

Première par Thierry Chèze - Porté par l’interprétation remarquable de Miriam Garlo, Sorda touche au coeur.

Sud Ouest par Julien Rousset - La portée de ce film sensible et subtil va au-delà de son sujet premier, la surdité d’Angela. Hector et elle s’aiment sans toujours pouvoir se comprendre: un couple ordinaire.

Télérama par Marie Sauvion - Un premier film immersif et captivant sur la surdité et le désir de maternité.

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - Bien plus, c’est un film saisissant et sensible sur la difficile articulation entre surdité, parentalité et, plus largement, la relation au monde avec les entendants.

L'Obs par Xavier Leherpeur - La justesse du regard (magnifique et drolatique scène d’accouchement) émeut tout en déjouant les pièges de l’apitoiement.

Les Fiches du Cinéma par Ameline Grout - À travers une mise en scène sensorielle, le film explore avec justesse la maternité, l’altérité et l’isolement.

L'avis du projectionniste

Une immersion dans la vie d'une femme sourde et dans son quotidien de future mère puis de mère . c'est un magnifique voyage au pays des mal entendant. Pas de quoi en saisir toutes les arcanes. Mais entrevoir tout du moins ce à quoi il peut ressembler. Un film à découvrir.