Autofiction – de Pedro Almodovar

Vendredi 26 Juin à 18h (VO/st) et Lundi 29 juin à 21h (VO/st)

1h51min | Comédie dramatique De Pedro Almodóvar

Avec Bárbara Lennie, Leonardo Sbaraglia, Aitana Sánchez-Gijón

Titre original Amarga Navidad

Synopsis
Tout public
Ce film était présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.
Raúl est un cinéaste culte en pleine crise créative. Lorsqu’un drame frappe l’une de ses plus proches collaboratrices, il s’en inspire pour écrire son prochain film. Peu à peu, il imagine Elsa, une réalisatrice en pleine écriture, dont le parcours commence à refléter le sien. Les deux cinéastes deviennent les deux facettes d’un même personnage, dans un jeu de miroirs où l’impudeur de l’autofiction dévoile autant qu’elle détruit. Mais jusqu’où peut-on aller pour raconter une histoire ?

Anecdotes

Naissance du projet Avec Autofiction, Pedro Almodóvar explore pour la première fois de manière aussi frontale la question de l’artiste qui se nourrit de sa propre vie pour créer. Le réalisateur a imaginé un récit construit comme un jeu de miroirs entre deux cinéastes, séparés par le temps mais liés par les mêmes obsessions. Le scénario alterne ainsi deux temporalités, 2004 et 2026, jusqu’à les faire se rejoindre dans les dernières minutes du film. Cette structure volontairement labyrinthique permet au cinéaste d’interroger les frontières entre fiction, mémoire et confession intime. Le personnage de Raúl Rossetti apparaît d’ailleurs comme une variation indirecte du propre rapport d’Almodóvar à la création et à l’inspiration. Lieux de tournage Le tournage de Autofiction s'est déroulé en 2025 à Madrid en Espagne, et à Lanzarote, dans l'archipel des Canaries. C'est sur cette île que Pedro Almodovar avait tourné une partie du film Étreintes brisées, en 2009.

Décors et direction artistique
Pour traduire visuellement l’isolement intérieur de Raúl, la production a imaginé une immense villa brutaliste devenue l’un des décors centraux du film. Cet espace froid et géométrique contraste volontairement avec les rues de Madrid filmées durant les fêtes de fin d’année 2004, baignées d’une agitation presque irréelle. Le décorateur Antxón Gómez, fidèle collaborateur de Pedro Almodóvar, a travaillé sur une opposition permanente entre chaleur émotionnelle et austérité architecturale. Les couleurs vives typiques du cinéma du réalisateur laissent ici davantage place à des tonalités plus crépusculaires. Cette évolution visuelle accompagne directement la crise existentielle traversée par les personnages.

Cannes 2026
Autofiction est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026. La relation entre Pedro Almodóvar et le Festival de Cannes dure depuis près de trente ans. Le cinéaste y a véritablement marqué les esprits en 1999 avec Tout sur ma mère, qui lui vaut le prix de la mise en scène. Il revient ensuite régulièrement sur la Croisette avec La Mauvaise Éducation en ouverture en 2004, Volver en 2006 — récompensé par le prix du scénario et un prix d’interprétation féminine collectif — puis Étreintes brisées en 2009, La piel que habito en 2011, Julieta en 2016 et Douleur et Gloire en 2019. Plus récemment, il avait également présenté le court métrage Strange Way of Life en 2023.

Musique et mise en scène
Même si Autofiction reste un drame psychologique, Pedro Almodóvar y glisse plusieurs séquences inspirées de la comédie musicale, notamment dans un club de strip-tease où Elsa rencontre un danseur déterminant dans sa vie. Le réalisateur utilise aussi la musique de Chavela Vargas comme élément narratif central : une chanson devient le déclencheur émotionnel qui pousse l’un des personnages à quitter son mari. La partition originale d’Alberto Iglesias accompagne cette dimension mélodramatique avec une approche volontairement intime et mélancolique. La musique agit ainsi comme un prolongement direct des traumatismes et des souvenirs des protagonistes. Ce mélange de réalisme cru et d’élans musicaux rappelle certains des grands classiques du réalisateur espagnol.

Quelques critiques presse

Cahiers du Cinéma par Fernando Ganzo Cuesta - Si Autofiction évite de tomber dans l’introspection mortifère, c’est précisément par la façon dont Almodóvar signale constamment ses coutures et imperfections, naviguant entre des registres et des tons toujours changeants (le nombre de scènes où il est difficile de savoir s’il s’agit d’un mélo ou d’un polar) et une temporalité diffuse. L’équilibre semble toujours prêt à se rompre, avant qu’on ne trouve un nouveau pied sur lequel danser, le centre de gravité passant d’un personnage à un autre de façon presque imperceptible.

Elle par Ava Djamshidi - Une magnifique réflexion sur les mécanismes de la création.

Télérama par Louis Guichard - Un nouveau tournant spectaculaire dans l’œuvre du maître.

aVoir-aLire.com par Gérard Crespo - Almodóvar réussit encore à surprendre et toucher avec ce récit en forme de mise en abyme, qui confirme l’épure de son art et fait écho à toute son œuvre passée.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Une sorte de fascinant méa-culpa, à la somptueuse direction artistique?

Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Dans une photochromie éclatante signée Pau Esteve, aux couleurs choisies que l’on rêverait de soumettre à l’analyse éclairée du plus grand spécialiste en la matière, l’historien Michel Pastoureau, la tonalité est celle d’un drame existentiel effondré. Sans doute est-on plus près de son précédent film, le beau et grave La Chambre d’à côté (2024), non pas un récit de vie et de fiction, mais de vie et de mort.

Franceinfo Culture par Laurence Houot - Un film passionnant, qui réclame une attention sans faille.

L'Obs par Guillaume Loison - De quel droit un film doit-il se faire, et pour servir quels intérêts ? La réponse du cinéaste, ambiguë mais courageuse, s’avère passionnante : tout sacrifier par amour de l’art reste une possibilité ; assurer la continuation d’une œuvre qu’un auteur tisse d’abord pour prolonger sa vie en est aussi une autre.

La Tribune Dimanche par Charlotte Langrand - Pedro Almodóvar maîtrise avec maestria le labyrinthe de ce scénario complexe qui mêle et démêle des histoires parallèles mais aussi jumelles.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Dans une exploration sensible de la création, de ses affres existentielles et vertiges troubles, Autofiction est un nouvel autoportrait mélancolique de Pedro Almodóvar. En salles ce mercredi et en compétition au Festival de Cannes.

Les Echos par Olivier De Bruyn - Une nouvelle réussite pour l'un des auteurs les plus importants de notre époque.

Les Fiches du Cinéma par Michael Ghennam - Derrière l’exercice de style - formellement impérial -, une réflexion étonnamment généreuse sur le processus de création artistique.

Les Inrockuptibles par Jean-Marc Lalanne - Le film est à l’os, au cœur du réacteur de la création almodóvarienne. Il creuse son obsession de toujours (la malédiction de créer) dans une forme intime comme rarement.

Libération par Sandra Onana - Maître de tous ses effets, sauf peut-être celui de refaire sa méditation sur la vieillesse et l’impuissance en moins terrassant que "Douleur et Gloire", Almodóvar revient régler des comptes mélancoliques avec le deuil maternel, l’écriture qui vampirise.

Ouest France par Thierry Cheze - Les amateurs des Almodovar colorés et extravagants resteront peut-être à la porte d’Autofiction. Mais après avoir changé de directeur de la photo, l’Espagnol signe pourtant visuellement un de ses plus beaux films depuis des lustres.

Positif par Louise Dumas - C’est peut-être là l’élégance suprême du film : laisser affleurer la douleur dans le contraste d’une plage noire, volcanique, presque vide, et de serviettes de couleurs vives qui découpent des taches artificielles dans la lave. Le décor n’offre plus de refuge : il révèle une dissonance. La beauté formelle ne comble rien, elle encadre le manque.

Première par Gaël Golhen - Douleur et gloire était une confession, Autofiction est un aveu. C'est moins aimable et plus honnête. Et presque plus grand.

Sud Ouest par Julien Rousset - Un bel autoportrait distancié et tourmenté.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Un jeu de miroirs d'une grande beauté.

Télé Loisirs par M.L. - Avec des personnages féminins sublimes et un goût prononcé pour le mélo, le film évoque non sans malice le processus créatif parfois égoïste de transformer la réalité en fiction.

La Septième Obsession par David Ezan - En expert du « film à tiroirs », Almodóvar orchestre un vertige narratif aux potentialités littéraires, truffé d’allers-retours temporels et de savoureuses digressions.

Le Monde par M. Mt. - Autofiction s’affirme comme un film de transition : habile, souple et sinueux, il habite sensiblement ce qu’Almodovar semble désigner lui-même comme une crise d’inspiration.