Histoires parallèles – de Asghar Farhadi

Dimanche 14 Juin à 18h

2h19min | Drame De Asghar Farhadi

Avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney, Vincent Cassel

Synopsis
Tout public
Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.
En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins d’en face. Quand elle engage le jeune Adam pour l’aider dans son quotidien, elle ignore que celui-ci va bouleverser sa vie et son travail, jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous.

Anecdotes

Naissance du projet
Avant le tournage d'Un héros en 2021, une compagnie américaine a contacté Asghar Farhadi pour lui proposer de réaliser une série à partir du Décalogue. Le réalisateur a vite refusé, car il ne souhaitait pas travailler sur une série. Pourtant, lors d’un échange en visioconférence avec Krzysztof Piesiewicz, le scénariste de Krzysztof Kieslowski, il a ressenti une grande proximité avec lui :
"Plus tard, la société m’a recontacté pour me demander d’envisager d’adapter un épisode de mon choix en long métrage. C’était plus intéressant. Par ailleurs, je réfléchissais depuis long temps à l’idée de réaliser un film sur le son. J’ai alors recherché si l’un des épisodes du Décalogue me permettait de prendre en compte cette dimension."
"L’épisode 6, devenu Brève Histoire d’amour, parle d’un voyeur, quelqu’un qui regarde avec un télescope. Son fantasme est entièrement lié à l’image. Et je me suis demandé ce qu’il en était du son de l’autre côté, celui de la personne espionnée. C’est ainsi que m’est venue l’idée de faire de ces personnes observées des créateurs de sons, des bruiteurs."
"Avec mon coscénariste [Saeed Farhadi], qui se trouve être aussi mon frère, nous avons commencé à développer un scénario autour du triptyque image-son-écriture, en fait une histoire autour de la créativité, de l’imaginaire."

Cannes 2026
Histoires parallèles est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026. Une habitude pour Asghar Farhadi qui a, entre autres, obtenu le Prix du jury œcuménique en 2013 pour Le Passé, le Prix du scénario en 2016 pour Le Client et le Grand Prix en 2021 pour Un héros (ex aequo avec Compartiment n° 6 de Juho Kuosmanen).

Regarder Paris comme un Parisien
Histoires parallèles se passe à Paris sans qu’il y ait aucun plan général sur la ville ou un quartier. Comme pour Le Passé, Asghar Farhadi voulait éviter les images touristiques de la capitale française : "Je souhaitais regarder Paris comme un Parisien. Souvent, en fonction de mon lieu de résidence, je passe par le boulevard Saint-Martin. J’ai toujours aimé le graphisme de ce lieu avec ses deux niveaux et ses rambardes, et j’avais envie d’y tourner. En voyant le film, on a l’impression qu’il y a deux appartements avec le boulevard entre les deux. En réalité, on a tourné dans six lieux différents !"

Côté photographie
Côté photographie, Asghar Farhadi a pour la première fois fait appel à Guillaume Deffontaines. Avec Histoires parallèles, le cinéaste voulait que les univers de la fiction et de la réalité se distinguent, mais d’une manière subtile : "Nous avons utilisé des optiques anamorphiques ou recouru à certaines fantaisies pour l’univers de la fiction, par exemple en couvrant l’objectif d’un bas [pour diffuser l’image]."
"Nous avons aussi tourné une séquence du passé avec une caméra Bolex pour lui donner une dimension un peu onirique, ancienne. Par ailleurs, toute la partie sur la réalité a été tournée en caméra à l’épaule, tandis que les séquences de fiction étaient souvent réalisées en Steadicam."
"Pour la lumière, la partie réelle est filmée comme mes autres films, avec une texture quasi documentaire, tandis que, dans la fiction, l’éclairage est plus travaillé, plus visible, en essayant toujours de ne pas trop marquer les différences. Les décors utilisés dans les deux parties sont aussi un peu différents, mais il faut être attentif pour le voir."

Casting XXL
Isabelle Huppert est la première personne que Asghar Farhadi a envisagée pour le rôle de Sylvie. La comédienne avait beaucoup marqué le cinéaste dans La Pianiste de Michael Haneke : "Pour le rôle d’Adam, il y avait plusieurs possibilités. J’ai vu quelques films dans lesquels joue Adam Bessa, notamment Harka, sur le printemps arabe, dans lequel il m’a beaucoup marqué, et j’ai pensé très vite qu’il était la bonne personne."
"J’avais Vincent Cassel en tête depuis longtemps. Impressionné par son jeu dans La Haine, je désirais travailler peut-être un jour avec lui. Le choix de Pierre Niney a été plus tardif. Je n’avais pas d’acteur en tête pour ce rôle, mais en voyant ses films, notamment Le Comte de Monte-Cristo, je me suis senti très confiant. Il fallait tenir compte du fait que Vincent et Pierre sont frères dans le film et veiller à la crédibilité de ce lien."
"J’avais fait la connaissance de Virginie Efira au Festival de Cannes, où je l’avais croisée brièvement. Je crois que sa voix, emprunte d’une sorte de chaleur, de présence caractéristique, est ce qui m’a déterminé à la choisir pour ce rôle."

Quelques critiques presse

Les Echos par Adrien Gombeaud - Un film virtuose à la fois sombre et ludique, porté par un casting de luxe.

CinemaTeaser par Renan Cros - Il y a une une jubilation à voir un cinéaste, d'ordinaire si premier degré lorsqu'il s'agit de jouer avec les codes de son cinéma, disséquer l'art de raconter tout en racontant.

Elle par Marie Testa - Un film aussi intime que déconcertant, mais résolument prenant.

Franceinfo Culture par Laurence Houot - La jalousie, la trahison, le désir, la solitude, la vérité… Jafar Farhadi poursuit son exploration des relations humaines, et du couple, cette fois dans une mise en scène ludique qui interroge aussi le spectateur sur sa propre place dans son expérience du cinéma, en lui donnant à voir les coulisses de la fabrique fictionnelle.

La Croix par Céline Rouden - Une réflexion virtuose sur le réel et l’imaginaire.

Le Parisien par Catherine Balle - Le film séduit par la grâce de sa mise en scène et de ses interprètes, puis emprunte un tour dramatique. Un virage surprenant, mais qui donne de la profondeur à son propos : l’imagination embellit la réalité, mais mieux vaut parfois que fiction et réalité demeurent des histoires parallèles.

Ouest France par Philippe Lemoine - Des solistes virtuoses qui jouent à l’unisson une partition envoûtante, dirigée par un chef d’orchestre déjà primé à Cannes et aux Oscars.

Télérama par Samuel Douhaire - Le réalisateur iranien signe un drame brillamment construit, au scénario vertigineux.

aVoir-aLire.com par Gérard Crespo - Une autre pépite dans la filmographie de Farhadi, qui renouvelle sa démarche avec ce récit prenant, belle mise en abyme se voulant une réflexion sur le jeu des apparences.

Paris Match par Fabrice Leclerc - Entre chronique culturelle parisienne et thriller parano, Farhadi poursuit ses marottes (politiques) et livre un film gigogne imparfait mais captivant. Isabelle Huppert, Virginie Efira et Adam Bessa y sont pour beaucoup.

Première par Thierry Cheze - Farhadi est totalement dans son élément au fil d’un récit qui, comme à son habitude, bousculant avec maestria en permanence nos certitudes de spectateurs, porté par un casting impressionnant (Virginie Efira, Cassel, Niney, Isabelle Huppert, Catherine Deneuve…) qui permet un autre jeu entre les acteurs qu’ils sont et les personnages qu’ils incarnent.