La maison des femmes – de Mélisa Godet

Lundi 06 Avril à 17h

1h50min | Drame De Mélisa Godet

Avec Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara

Synopsis
Tout public
À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

Anecdotes

Naissance du projet
La naissance du projet remonte à fin 2016, lorsque Mélisa Godet a entendu, à la radio, la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem parler de la Maison des Femmes qu’elle venait de créer à Saint Denis : "Des parcours de soin et des différents professionnels, médecins, psychologues, avocats, juristes, policiers, artistes parfois… qui y croisaient leurs compétences et leur énergie pour aider les femmes victimes de violence à se reconstruire."
"En tant que femme et citoyenne, je me suis dit que c’était formidable qu’un tel endroit puisse exister. Et, en tant que scénariste et réalisatrice, j’ai tout de suite pensé que ça ferait un sujet de film génial, le genre de sujet que j’avais envie de porter au cinéma. Un film choral, un film avec du fond sur un sujet important et un film lumineux aussi. Le sujet m’est resté en tête…"

Convaincre une héroïne réelle
Ghada Hatem était au départ réticente à l’idée de devenir un personnage de fiction. Ce n’est qu’en arrivant avec un traitement détaillé du film que la réalisatrice a réussi à la convaincre : "L’avantage est que, pour que cet endroit existe, Ghada a dû et doit encore faire beaucoup de bruit pour faire parler de la Maison des Femmes et de ce qui s’y pratique."
"J’avais donc accès à une énorme masse de documentation. Je suis venue la voir avec un premier traitement, comme base de discussion et gage de notre sérieux. Ghada s’est peu à peu laissé convaincre. En posant une condition : elle tenait à ce que le personnage qui allait la représenter soit complètement assumé comme un personnage de fiction."

Le prisme des soignants
L’approche du film, focalisée sur les soignants de la Maison des Femmes, constitue un choix narratif important. Mélisa Godet a pris la décision se centrer sur le prisme des soignants, ce qui laissait de côté la représentation directe de la violence : "Cette maison, j’avais envie de la montrer en fonctionnement, bouillonnante de vie et d’activités, avec des équipes rodées et des patientes à différents stades de leurs parcours de soin."
"J’avais une conviction : je ne filmerais pas de séquences de violence. Ce n’était pas l’endroit où je voulais aller. Je ne voulais pas faire de ces violences une matière esthétique", se rappelle la cinéaste.

Côté casting
Avec David Bertrand, le directeur de casting du film, Mélisa Godet cherchait à créer avec ces presque 50 rôles du film, une "photo de famille" qui raconte quelque chose. Il s’agissait de doser les énergies pour réussir à avoir un ensemble avec des personnages qui aient chacun leur tempo, et que cette diversité finisse par faire un tout cohérent. La cinéaste se remémore :
"Pour Diane, cette cheffe d’équipe inarrêtable, Karin a apporté en plus de ses qualités d’actrice indiscutables, son élan de sportive, avec un pas qui claque sur le sol, et en même temps une douceur sans pathos dans les séquences avec les patientes. Laetitia a apporté au personnage de Manon quelque chose de libre dans le corps, une sorte de déséquilibre permanent."
"Eye a transmis sa solidité, sa droiture, au personnage d’Awa et Oulaya, sa fraicheur sans candeur à Inès dont elle a fait un personnage très concret qui me plait beaucoup. Juliette a fait de Lucie quelqu’un d’à la fois très droit dans ses bottes et d’une grande douceur. Elle a vraiment une grande qualité d’écoute, elle n’a pas peur des silences : pour un personnage de psy c’était l’idéal."
"Je dois citer aussi Alexandra Roth, Pierre Deladonchamps, Jean-Charle Clichet, Laurent Stocker, Jeanne Rosa, tous ont mis leur singularité au service du groupe et du récit. Et puis il y a celles qui incarnent les patientes, Yves-Marina Gnahoua, Marie Matheron, Amandine Dewasme, Fantadjene Kaba, Delia Miloudi, Joy Uva, Elian Umuhire… Quelles actrices ! Elles ont été impressionnantes !"

Lieux de tournage
Les scènes dans le hall, dans le bureau des psys et dans la salle d’activité, ont été tournées à la Cité Le Refuge, un centre social de l’Armée du Salut dans le treizième arrondissement de Paris. Mélisa Godet se souvient : "Et on a reconstitué le reste dans une entreprise désaffectée à Bry-sur-Marne. Je ne me voyais pas tourner à La Maison des Femmes en leur disant : « Poussez-vous ! On arrive ! On fait du cinéma ! ». Ces gens travaillent."

Préparation pour Karin Viard
En guise de préparation, Karin Viard s’est beaucoup nourrie d’interviews et de podcasts sur Ghada et son action. Par contre, la comédienne ne voulait pas la rencontrer par peur d’être dans l’imitation. Elle préférait proposer sa propre lecture du personnage : "Physiquement, Karin et Ghada ne se ressemblent pas du tout, mais Karin a très bien capté l’énergie et ce que pouvait être un bulldozer inarrêtable dans ce genre d’endroit", raconte Mélisa Godet. Elle ajoute :
"D’ailleurs, quand les équipes de Ghada ont vu le film, elles ont eu cette réaction : 'Mais c’est vraiment toi !'. Tout au long du tournage, l’équipe technique a été à l’unisson, dans la bonne énergie. Concentrée et silencieuse, en soutien total quand les actrices avaient à livrer des choses difficiles et trouvant vraiment de la joie à tourner les séquences de comédie. Tout le monde s’est retrouvé dans une gentillesse, une bienveillance généralisée et aussi beaucoup de drôlerie."

Caméra à l’épaule
Mélisa Godet travaille avec le directeur de la photographie Fabien Faure depuis Les Enfants d’Oma (2021). Tous les deux ont constamment la même méthode : effectuer de grandes sessions de travail et un découpage de tout le film avant le tournage, en décidant quels types de motifs ils souhaitent faire intervenir. La cinéaste précise : "On a décidé très vite que les séquences chorales, souvent de comédie, seraient assez découpées, très dynamiques et que, par contre, les scènes d’entretien avec les patientes seraient filmées en plans séquence."
"Leur parole ne devait pas être coupée au montage. Les actrices devaient assumer des prises de trois minutes, on les a eues. C’est à peu près le seul moment du film où l’on a posé des travellings et fait des mouvements de caméra. Tout le reste a été tourné caméra à l’épaule. Évidemment, ça arrive que notre découpage vole en éclats en arrivant sur le plateau le matin pour différentes raisons techniques ou artistiques. Ce n’est pas grave, on a cette souplesse. On refait différemment. On a expérimenté suffisamment de pistes en préparation pour ne pas s’égarer."

Quelques critiques presse

Le Parisien par Catherine Balle - C’est un film magnifique, vibrant, inspirant.

aVoir-aLire.com par Claudine Levanneur - Un film utile et enthousiasmant qui a la bonne idée de sortir les femmes meurtries du statut de victimes pour ne célébrer que leur résilience et leur force.

20 Minutes par Caroline Vié - Mélisa Godet a réuni des interprètes merveilleux pour rendre un hommage puissant à ces établissements qui accueillent des femmes en détresse.

Bande à part par Mary Noelle Dana - La Maison des Femmes est avant tout un lieu de travail, de solutions, d’enjeux, d’action. À l’écran, la circulation prime sur l’effet. Le son et la musique respectent l’attention, la portée des voix humaines, les portes, les téléphones, les pas résonnants, pour laisser l’émotion trouver sa place.

Elle par La Rédaction - Ce collectif d’actrices, tendre et détonant, composé de Laetitia Dosch, Juliette Armanet, Eye Haïdara et Oulaya Amamra, apporte un souffle et une vitalité à ce film choral engagé mais sans pathos.

Femme Actuelle par La Rédaction - Un film utile, espérons-le !

Franceinfo Culture par Lison Chambe - Pour son premier long métrage, Mélisa Godet livre un film plein d’énergie et d’espoir, avec en son centre des humains qui se démènent pour aider à la guérison, et une réalité omniprésente : le soin des femmes est avant tout un choix politique, celui d’y allouer du temps, de l’énergie et de l’argent.

L'Humanité par Sophie Joubert - Dans une fiction chorale, Mélisa Godet fait partager le quotidien du centre de soins de Saint-Denis. Un film solaire, porté par un collectif d’actrices et d'acteurs réunis autour de Karin Viard et Laetitia Dosch.

La Croix par Corinne Renou-Nativel - Ce premier film choral relate le précieux travail du personnel de la Maison des femmes à Saint-Denis qui accueille les femmes victimes de violence. Mélisa Godet y concilie précision quasi documentaire, sensibilité et humour.

La Tribune Dimanche par Marc-Aurèle Garreau - Avec ce premier long-métrage, Mélisa Godet réussit le pari d'un récit à la fois pédagogique et chargé d'une puissance émotion.

Le Figaro par O. D. - Ce premier long-métrage plein d’espoir et d’énergie, qui sort quatre jours avant la Journée internationale du droit des femmes fait un bien fou. Voilà un film nécessaire. Et tant pis pour le documentaire...

Les Echos par Adrien Gombeaud - Melissa Godet signe un film choral sur une institution vitale, porté par une interprétation percutante de Karin Viard.

Les Fiches du Cinéma par Antoine Corte - Avec son premier long métrage, Mélisa Godet signe une œuvre chorale puissante qui transforme la douleur en courage collectif.

Ouest France par Pauline Boyer - Porté notamment par Karin Viard et Lætitia Dosch, « La Maison des femmes » propose un récit choral empreint de bienveillance et d’écoute.

Paris Match par Christophe Carrière - C’est d’autant plus méritant qu’il s’agit d’un premier long-métrage dont la réalisatrice, Mélisa Godet, n’a rien à envier dans son écriture et sa mise en scène à Jeanne Héry (« Pupille », « Je verrai toujours vos visages ») à laquelle on pense en voyant cette pépite tout en intelligence, en délicatesse et en humour -ce qui ne gâche rien, au contraire.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - Cette comédie chorale a le mérite de ne pas être trop didactique et de faire exister pleinement tous ses personnages.

Télé Loisirs par C.C. - Inspiré de l’histoire vraie de Ghada Hatem, ce film choral bouleversant réserve néanmoins plein de moments de joie et d'espoir.

Version Femina par Hadrien Machart - Mélisa Godet mêle le didactisme au romanesque en confiant à ses interprètes des personnages attachants dont on suit les trajectoires avec émotion. Une œuvre forte et une très belle entrée dans le cinéma !

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Un film engagé dans la défense des droits des femmes, à l'image de la maison en question. On conviendra que le propos est éminemment nécessaire et qu'il est porté par un casting visiblement très impliqué.

Cahiers du Cinéma par Vincent Malausa - La Maison des femmes parvient à transcender sa dimension potentielle de spot associatif militant en revenant à l’aspect le plus concret et le plus sensible du travail de réparation qui unit cette petite équipée face à la tempête toujours recommencée.

La Voix du Nord par Christophe Caron - Une poignée de profils sortent du lot. Celui d’Inès (Oulaya Amamra), interne en médecine pas tombée là par hasard, est de loin le plus intéressant. Ce qui n’enlève rien à l’implication de cette jolie troupe de comédiennes dont la mission est avant tout de faire connaître cette structure qui a commencé à essaimer en France, mais qui a plus que jamais besoin de soutiens.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Le film déploie une énergie chorale pour exalter l’engagement collectif au sein de cette institution. Le casting en phase avec la générosité de ses modèles, insuffle à chaque rôle un élan, symbole d’un dévouement tangible.

Le Monde par Bo. B. - La Maison des femmes, qui défend l’importance de l’éducation pour faire reculer les violences systémiques dans la société, assume ici la fonction pédagogique de son récit.

Le Point par Florence Colombani - Animé par le courage de ces femmes de bonne volonté, le film laisse peu de place à la mise en scène ou à l’imprévu, mais renseigne sur les difficultés (notamment économiques) que rencontre un projet dont l’importance et le bien-fondé sautent aux yeux, et offre aux comédiennes l’occasion de montrer leur talent.

Nice-Matin par Cédric Coppola - Cette stratégie est à double tranchant, car si l’objectif est atteint, une approche teintée de romanesque comme sait si bien le faire Thomas Lilti (Hippocrate), ou un traitement documentaire tel celui de Sébastien Lifshitz (Madame Hofmann) aurait permis au film d’éviter cette impression d’entre-deux bancal, entre fiction et réalisme.

Positif par Jacqueline Nacache - Le film a les petits défauts d'une approche qu'on voudrait par moments moins traditionnelle, plus provocatrice. Mais par sa chaleur et sa spontanéité, il produit une qualité d’émotion.

Première par Anne Lenoir - Et si l’émotion est omniprésente, le film n’oublie pas de distiller en permanence quelques doses d’humour bien senti (notamment grâce au toujours génial Jean-Charles Clichet). Le meilleur moyen d’embarquer le spectateur jusqu’au bout.

Sud Ouest par Cédric Coppola - Derrière la caméra, on la sent concernée, engagée, militante, mettant en avant le préventif. D’un point de vue cinématographique, le résultat est moins concluant, tant la néo-réalisatrice semble être dominée par son sujet plutôt que l’inverse.

Télérama par Guillemette Odicino - Un film choral à l’énergie lumineuse.

L'avis du projectionniste

Un film d'utilité publique ! Un film choral, chaleureux et bouleversant qui nous rappelle que l'humanité est précieuse. Quand la joie, la tristesse et le combat cohabitent ça donne des émotions fortes et c'est bien.