Vendredi 19 juin ,à 18h et Samedi 20 juin à 21h
1h40min | Drame De Vincent Garenq
Avec Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot, Emma Boumali
Synopsis
Tout public avec avertissement
Ce film a été présenté en hors-compétition au Festival de Cannes 2026.
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.
Cannes 2026
Ce film est présenté en hors-compétition au Festival de Cannes 2026.
L'histoire tragique de Samuel Paty
Professeur d'histoire-géographie dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, Samuel Paty a été décapité le 16 octobre 2020 par un jihadiste tchétchène pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.
Un attentat qui a suscité une vive émotion, comme s'en souvient le réalisateur : "j’ai vécu le choc et l’effet de sidération à l’annonce de son assassinat. Beaucoup de tristesse et de désarroi aussi. En échangeant avec Outside Films, les producteurs (rejoints par Les Films du Kiosque), je me suis rendu compte que derrière l’effroi collectif, il y avait une histoire et que cette histoire, une véritable tragédie jusque dans ses ressorts, devait être racontée."
Un titre lourd de sens
Le film s'intitule "L'Abandon" car l'histoire de Samuel Paty est, selon le réalisateur, une succession "d'abandons, de dysfonctionnements, de lâchetés ou de naïvetés." Le titre fait également référence à la solitude de Samuel Paty, pris dans une mécanique institutionnelle et sociale qui l’a laissé sans protection, malgré la connaissance rapide du mensonge à l’origine de l’affaire : "Dans ce film, on sent une machine qui s’emballe alors que pourtant, très vite, on sait que la jeune fille a menti. C’est un aspect très étonnant."
Le refus d'un film à charge
Le réalisateur ne voulait pas faire des protagonistes qui entourent Samuel Paty des monstres : "Ils pourraient être nos voisins, nos enfants. Ce ne sont pas les gens qui sont mauvais, mais les idéologies qui les manipulent. Les réseaux sociaux, la rumeur, le climat ambiant qui pousse les gens à se détester les uns les autres". De même, il n'a pas cherché à faire de l'Education nationale un bouc-émissaire : "[le film] se contente de raconter les faits. C’est facile, a posteriori, de dire ce qu’il aurait fallu faire ou dire. Les erreurs et manquements sont partout… Et à leur décharge, personne n’aurait osé imaginer qu’une telle horreur puisse arriver."
Au plus près de la vérité
"Je me suis autorisé très peu de fiction comme par exemple les scènes avec son fils qu’il adorait", souligne le réalisateur. Vincent Garenq a écrit une première version du scénario avant le premier procès autour de la mort de Samuel Paty, se nourrissant des nombreux documents et témoignages, ainsi que des mails écrits par l'enseignant. Le réalisateur a ensuite assisté au procès en décembre 2024. Il raconte : "Il y avait une montée dramatique tellement naturelle que je n’avais vraiment pas besoin d’utiliser d’artifices pour tenir le spectateur en haleine. Ma seule et unique ligne directrice était de me cantonner aux faits. Donc, je me documente. Je ne fais que ça…"
L'implication de Mickaëlle Paty
Mickaëlle Paty, la sœur de Samuel, a été impliquée dans le processus d'écriture, comme le raconte le réalisateur : "Elle connait mieux que personne l’histoire de son frère, elle a assisté au procès, dont celui des enfants qui était à huis clos. Nous nous sommes retrouvés autour de ce souci de raconter les événements au plus proche de ce qui s’est réellement passé."
Mickaëlle Paty a rencontré Vincent Garenq alors qu'il tournait Tout pour Agnès, la mini-série consacrée à la disparition d’Agnès Leroux. C'est en l'observant sur le tournage, et en étant témoin de son degré d'exigence, qu'elle a su qu'elle pouvait lui faire confiance pour réaliser un film sur son frère.
Elle a été sollicitée à chaque version du scénario : "Ce film n’est pas là pour apporter une forme de réparation aux victimes, je dirai qu’il est là pour la société. Pour essayer de rendre hommage à Samuel et, à travers lui, tous les enseignants français."
Pourquoi le choix de la fiction ?
Le réalisateur, qui voulait s'en tenir aux faits, justifie le choix de faire de L'Abandon une fiction, et non un documentaire : "[Le film] fait ressentir et laisse place à l’émotion. Il permet d’incarner Samuel Paty, d’intégrer son point de vue, de s’identifier à lui, de ressentir ce qu’il a pu vivre. La force du cinéma et de la fiction c’est de rendre la réalité de Samuel Paty sensible et concrète, de la faire éprouver à hauteur de spectateur, dans ce qu’elle a de plus humain. Les spectateurs vont apprendre énormément de choses au-delà du fait divers qu’ils connaissent."
Une citation inventée
On peut entendre au début du film cette phrase prononcée par Antoine Reinartz en voix-off : "Je n’ai jamais rêvé d’être un héros… Mais que ma vie ait un sens… Qu’elle serve à quelque chose… Que mes cours éveillent une vocation… J’avoue que j’en ai rêvé." Samuel Paty n'a en réalité jamais prononcé ces mots, mais le réalisateur les a imaginés d'après tout ce qu'il a pu lire ou entendre au cours de l'écriture du scénario : " La seule grande audace que je me suis permise, c’est la scène inaugurale où je le fais parler… Mais à partir de ses mots à lui, de ce qu’on a dit de lui. C’est une scène que j’ai écrite très tardivement, quand je connaissais vraiment son histoire. Et j’ai tenu à m’assurer auprès de Mickaëlle Paty, la sœur de Samuel, que cette scène lui convenait."
Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Chifflet - Le récit est glaçant, implacablement tragique. Antoine Reinartz attrape le cœur, comme le sort de Samuel Paty, à jamais notre propre tragédie collective.
Elle par Alix Girod de L'Ain - On sort de "L'Abandon" avec le sentiment d'avoir vu une œuvre utile. Et d'être mieux armé pour défendre cette laïcité qui était l'honneur d'un homme et dont chacun d'entre nous est désormais le dépositaire.
Franceinfo Culture par Lison Chambe - Avec sa caméra en constant mouvement, souvent très proche de ses personnages, "L’Abandon" crée un récit intime de l’assassinat de Samuel Paty. Il cartographie méthodiquement les événements, ses personnages et leurs travers, sans oublier pour autant que l’on reste dans une fiction, écrite et scénarisée.
L'Obs par Sophie Grassin - Voici un beau film rigoureux et tenu sur un membre d’une profession qui tente au quotidien de tenir coûte que coûte la promesse républicaine et ne cesse depuis de compter ses disparus.
La Croix par Corinne Renou-Nativel - "L’Abandon" de Vincent Garenq retrace avec clarté et sobriété l’engrenage qui a conduit à la mort de Samuel Paty.
La Tribune Dimanche par Charlotte Langrand - "L'Abandon" sait rester sobre et clinique, comme une enquête, soulignant d'autant plus la sidérante escalade qui a mené au meurtre.
La Voix du Nord par Christophe Caron - En reconstituant les 11 derniers jours de Samuel Paty, Vincent Garenq signe un film sobre, glaçant, frontal même, qui a valeur d’avertissement et donne chair à un enseignant devenu un symbole.
Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chifflet - Un récit fort, droit et bouleversant.
Le Figaro par Florence Vierron - On a surtout le souhait que ce grand film fasse réfléchir sur la course au clic, la rumeur et les extrémismes.
Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Voilà où réside la force du long-métrage, qui adopte un point de vue à distance pour rester objectif et éviter l'écueil du voyeurisme.
Le Parisien par Catherine Balle - « L’Abandon » saisit et bouleverse, tout en rendant un hommage puissant et très touchant au professeur d’histoire-géographie.
Le Point par Jean-Luc Wachthausen - Un film sobre, remarquable, précis et d’une réelle intensité dramatique sur les circonstances qui ont conduit à l’assassinat d’un professeur de la République livré à la vindicte.
Les Echos par Olivier De Bruyn - Dans ce film sobre et documenté, Vincent Garenq revient sur les onze journées qui ont précédé l'assassinat du professeur d'histoire-géographie en 2020. Une réussite.
Les Fiches du Cinéma par Antoine Corte - "L’Abandon", qui retrace les jours ayant conduit à l’assassinat de Samuel Paty, agit comme une œuvre de mémoire immédiate. D’une valeur pédagogique paradoxale, le film témoigne d’une institution fragilisée, incapable de transmettre sereinement le savoir.
Marianne par Etienne Campion - On ressort de "l’Abandon" avec le sentiment que le film de Vincent Garenq sur les derniers jours de Samuel Paty est l’œuvre pédagogique essentielle qui manquait sur le drame d’octobre 2020.
Nice-Matin par Elodie Longepe - Un film glaçant, avec un Antoine Reinartz incroyablement juste dans le rôle de Samuel Paty, qui met en lumière la façon dont le mensonge, le fanatisme, la rupture de communication et la désinformation peuvent mener à des événements terribles.
Ouest France par Pascale Vergereau - On sort tendu, bouleversé de cette démonstration implacable de l’engrenage de la tragédie. Classique dans la forme, « L’Abandon » est par là même très pédagogique.
Paris Match par Fabrice Leclerc - Un récit minutieux mais sans fioriture aucune, une mise en scène à la sobriété qui n’empêche pas l’intelligence : pour tout cela « L’abandon » est un grand film simple, direct.
Sud Ouest par Julien Rousset - Vincent Garenq s'empare avec rectitude et sobriété d'une douleur encore à vif pour la société française.
L'Humanité par Michaël Mélinard - Un film, implacable et glaçant.
Le Monde par Jacques Mandelbaum - Cet accablant décompte se saisit irrésistiblement de la conscience du spectateur à la vision de ce film, lequel s’efforce certes de ne pas juger, mais ne peut tout à fait empêcher que la plupart des personnages soient jugés à l’aune d’un crime dont ils ne souhaitaient évidemment pas qu’il soit commis, et dont ils n’imaginaient pas davantage la perspective.
Télérama par Samuel Douhaire - Le réalisateur Vincent Garenq colle aux faits et signe un récit solide sur les derniers jours du professeur.
L'avis du projectionniste
un beau film qui retrace le drame avec honnèteté, fidélité et une grande sensibilité. C’est aussi l’histoire du mensonge d’une ado et d’un emballement qui la dépasse. C’est une réflexion sur la verité, l’influence des reseaux sociaux et la perversion d’ideologues prets à tout, jusqu’au meurtre pour justifier un but politique.
