L’être aimé – de Rodrigo Sorogoyen

Samedi 20 Juin à 18h (VO/st)

2h15min | Drame De Rodrigo Sorogoyen
Avec Javier Bardem, Victoria Luengo, Raúl Arévalo
Synopsis
Tout public
Ce film étaitt présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.
Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.

Anecdotes

Cannes 2026
L’Être Aimé a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026. Rodrigo Sorogoyen connaît bien la Croisette, puisque As Beastas y a été montré en 2022, dans la section dans la section Cannes Première.

Naissance du projet
Le point de départ du film réside dans la thématique de la relation père-fille qui intéresse beaucoup Rodrigo Sorogoyen, mais aussi dans son envie de travailler avec Victoria Luengo et Javier Bardem : "Nous nous sommes dit qu’en faire un père et une fille était un bon moyen de les réunir. A ça s’est rapidement rajouté mon envie que cette histoire se passe dans le monde du cinéma. Pour autant, on s’est longtemps interrogé. Après tout, ces personnages pourraient être des architectes, ça n’aurait rien changé à leur relation. Il a fallu travailler pour que les faire évoluer dans le milieu du cinéma apporte des choses et nourrisse l’histoire."
"Le déclic a été de se rendre compte qu’être réalisateur ou scénariste, ça consiste à créer des histoires en en faisant son métier. Mais en fait, dans la vie tout le monde s’en invente et se fait une idée de sa propre vie. Superposer des personnes comme Esteban et Emilia qui se sont construits sur les histoires qu’ils se sont racontés à chacun. En effet, nous avons tous notre propre vérité sur ce que l’on vit ; ce que se raconte inconsciemment Esteban, ne rejoint pas la réalité d’Emilia et vice versa. Un univers professionnel où l’on doit faire croire à de la fiction était le prétexte parfait pour amener le cinéma dans cette histoire", se rappelle le metteur en scène.

"Expérimenter des choses"
Côté forme, qui alterne couleur et noir et blanc, Rodrigo Sorogoyen explique avoir pris des risques sur L’Être Aimé : "Dans As Bestas, c’était en donnant un style à la première moitié et un autre à la seconde, parce qu’on explorait d’abord l’histoire du personnage masculin, puis celle du personnage féminin. Je me suis posé la question d’en faire de même sur L’Être Aimé, avant de me dire qu’il fallait mélanger les trajectoires d’Esteban et Emilia."
"Mais comme ils apprennent aussi à se libérer de leur passé, j’ai voulu me sentir plus libre, expérimenter des choses. J’ai juste prévenu Isabel et mon chef-opérateur en amont, pour pouvoir par exemple improviser des scènes et des dialogues. Il y a au moins trois scènes qui n’étaient pas dans le scénario, que j’ai imaginé pendant le tournage."
"L’Être Aimé" contient un plan séquence
Après Antidisturbios et As Bestas, L’Être Aimé contient lui aussi deux plans séquences de plus d’une dizaine de minutes. Un défi que le réalisateur Rodrigo Sorogoyen adore, mais dans lequel il se lance parce qu'il est très sûr de ses équipes techniques et artistiques : "Même à l’écriture, Isabel et moi adorons écrire de très longues séquences, en pariant sur le maintien de l’attention du spectateur. Cela dit si c’est quelque chose qu’on voudrait faire dans tous nos films, ce n’est pas une nécessité."
"Si on ne trouve pas le moment où en placer un dans un scénario ou que ça semble gratuit, on s’en passera. Pour la scène d’ouverture de L’Être Aimé, nous voulions installer énormément de tension entre Esteban et Emilia, mais aussi distiller le plus possible les informations que l’on donnait sur eux au public. Au-delà de ça, c’était aussi une manière pour moi d’apporter de la force à cette séquence d’ouverture et de profiter plus encore du talent de mes acteurs, d’essayer d’emblée d’en tirer le maximum."

Préparation inhabituelle
La préparation sur L’Être Aimé est inhabituelle : Rodrigo Sorogoyen a fait se rencontrer Victoria Luengo et Javier Bardem plusieurs mois avant le tournage, avant de leur demander de ne plus être en contact jusqu’au début des prises : "Rodrigo, Javier, Isabel (Peña, coscénariste) et moi, nous sommes rencontrés pour la première fois chez Isabel. Ils nous ont exposé le projet et raconté le scénario. C’est à ce moment que Javier et moi avons fait connaissance."
"Après cette première rencontre, Rodrigo nous a demandé de ne plus nous revoir jusqu’au tournage. Tout juste a-t-il proposé une semaine en amont que nous conversions au téléphone. Javier m’a appelé en étant déjà dans la peau d’Esteban, comme s’il était mon père, pour m’inviter à un déjeuner. Celui qui allait occuper la scène d’ouverture du film", se rappelle La comédienne, en poursuivant :
"Cet appel étant un moyen de l’installer : puisque ce père et cette fille ne se sont pas vus pendant treize ans, Rodrigo tenait à instaurer une vérité émotionnelle dans cette scène en nous mettant dans des conditions d’inconnu, d’inquiétude. Cela passait aussi par nos réelles retrouvailles : peut-être que j’allais trouver Javier changé et réciproquement après huit mois sans nouvelles, et donc donner plus de réalisme à cette scène."

Quelques critiques presse

Le Parisien par Renaud Baronian - Le long-métrage espagnol avec Javier Bardem et Victoria Luengo, qui sort parallèlement en salles ce samedi, raconte un déchirement familial qui nous a fait chavirer.

Paris Match par Fabrice Leclerc - Bienvenue dans « L’être aimé » et sa créativité furieuse, mené pied au plancher, film explosé et explosif. Un kaléidoscope narratif, maelström d’images, de formats, de couleur, de grain comme si Sorogoyen conviait le spectateur à un festin pantagruélique de cinéma.

Télé 7 Jours par Isabelle Magnier - On est happé par la puissance de ce drame, porté par Javier Bardem, à son meilleur, face à l'intense Victoria Luengo.

Télérama par Jérémie Couston - Un intense thriller insulaire sur le cinéma.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard - Une mise en scène étouffante pour une relation père-fille parfaitement incarnée.

Bande à part par Olivier Pélisson - Le septième long-métrage de Rodrigo Sorogoyen brille par son amplitude, sa maîtrise et sa tension. Un nouvel affrontement cher au cinéaste, pour la première fois en compétition à Cannes, avec une œuvre qui parle aussi de cinéma, et qui offre à Javier Bardem et Victoria Luengo un face-à-face puissant.

Dernières Nouvelles d'Alsace par Thibault Liessi - Javier Bardem est impressionnant dans la peau d'un réalisateur de cinéma tentant de renouer avec sa fille, comédienne, autour d'un tournage.

Ecran Large par Antoine Desrues - Rodrigo Sorogoyen tire de cette relation père-fille conflictuelle un somptueux film de regards, ou plutôt de regards qui peinent à se croiser.

Elle par Marguerite Baux - Un magnifique mélo sur la figure du père.

Franceinfo Culture par Laurence Houot - Un film puissant qui aborde la question des rapports de domination masculine à travers l'histoire d'une paternité ratée en séance de rattrapage.

Konbini par Konbini - Entre introspection, regard sur la masculinité et coulisses de cinéma, ce drame sensible et sensoriel est d'une grande beauté avec un Javier Bardem au sommet de son art.

L'Humanité par Michaël Mélinard - Rodrigo Sorogoyen signe une mise en scène impressionnante autour d'un tournage et de retrouvailles entre un père réalisateur et sa fille actrice. Javier Bardem apparaît comme un candidat sérieux au prix d'interprétation.

Le Figaro par É. S. - On n’avait jamais aussi bien montré une équipe de cinéma sur un plateau depuis Making of, la comédie de Cédric Kahn. Sans doute, après avoir achevé L’Être aimé, Sorogoyen a-t-il voulu le dédier à son père récemment décédé. Un homme qui n’a pas grand-chose à voir avec Esteban et qui lui a transmis sa passion du cinéma.

Le Journal du Dimanche par Stéphanie Belpêche - Passionnant.

Le Point par Jean-Luc Wachthausen - Un beau film, tout simplement.

Les Fiches du Cinéma par Thomas Fouet - Le nouveau film de Sorogoyen échappe à la seule démonstration de puissance par son sens de l’ellipse et certaines trouvailles de mise en scène.

Ouest France par Thierry Chèze - Un grand long-métrage sur les relations intra-familiales.

Première par La Rédaction - Bardem joue à voix basse et dévore l’écran de son charisme brut. Vicky Luengo, en face, ne lui rend pas un pouce. On aimait le Sorogoyen sec des premiers polars ; on le découvre encore plus maître de ses moyens dans le drame familial qu’il investit avec le même sens de la tension et du suspens.

Sud Ouest par Julien Rousset - Javier Bardem au sommet.

aVoir-aLire.com par Laurent Cambon - Dans un style très différent de ce que Rodrigo Sorogoyen nous avait habitués, le cinéaste offre une page d’une magnifique densité sur la tentative de réparation d’une relation fille mère. Une œuvre rare.

L'Obs par Nicolas Schaller - « l’Etre aimé » est d’une grande justesse, offrant deux partitions en or à Victoria Luengo et à Javier Bardem, magistral, digne d’un De Niro par sa capacité à marier puissance et subtilité.